Je veux mourir à petit feu de joies...
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L'argent n'a pas d'odeur

La semaine dernière,

Alors que je courais tel une fée, à 16h30 après mon harassante journée de travail vers chez moi,

Quand un manant homme d’une cinquantaine d’année m’arrête.

Un peu conne serviable, je retire mon ipod. Malheur à moi, mauvais choix, méchant karma, il ouvre imédiatement la bouche pour commencer à me parler. L'espace d'un instant, j’hésite entre me coller mes écouteurs dans les narines pour échapper à l’odeur ou tomber directement raide morte sur le trottoir.

L’homme m’informe qu’il vient de voir rentrer un ‘truc’ dans ma chaussure. 
Je baisse les yeux, la regarde, secoue mon pied, rien. Hausse un sourcil. C’est le plan drague le plus improbable que je connaisse.

Si, si, si, il insiste –‘je crois même que c’est une bête’
Bon, je veux bien être un Pirate qui n’a peur de rien, mais dans un réflexe crétin un geste délicat, en moins de deux mon pied lance la chaussure à quatre mètres de moi avant que je me rende compte qu’il faut maintenant que j’aille la chercher, en sautillant comme une grue, une jambe en l’air.

Je lui crache dessus. Je l’ignore. Je lui souhaite une journée assez froidement. Et prenant ma dignité à deux mains et mon sac à main de l’autre, je repars la tête haute pour ramasser mon bien et reprendre ma route.

Je n’ai pas encore fait cent mètres que je sens une main sur mon épaule. La sienne. Je me retourne et alors que j’allais l’informer de manière ordurière exponentiellement virulente que ‘moi, je n’ai pas l’habitude de parler à la populace et qu'il faut laisser maintenant’, il me dit :
- ‘Pardon Mademoiselle, j’aurais envie… je ne pourrais pas vous sentir les pieds ?’

Tu me crois, tu me crois pas, mais j’ai cru mourir.

20.5.08 12:12


Feet back

Non mais tu vas rire,

Je sais bien que tu crois que j’ai rencontré Anna Wintour, qu’elle a reconnu en moi sa réincarnation anticipée, et que depuis, je dépense des millions derrières mes lunettes noires à NY.

Assieds toi, respire,
Et bien NON.

J’ai juste démissionné, quitté le clan « famille, armée, patrie »
Pour rejoindre celui de « nuit blanche, fiesta et grasse mat ‘ »

J’ai repris mes études.
J’ai même apprit pleins de nouvelles choses :
- qu’on pouvait survivre sans faire de shopping,
- que se nourrir de pizza dominos c’est meilleur que le poireau,
- que les escarpins, finalement, ça ne sert à rien dans les soirées gin-tonic,
- qu’on pouvait très bien draguer sans passer par la case brushing et peeling avant,
- et qu’on s’en fout de pas être le chef si on se marre bien.

Depuis le mois dernier, je bosse pour - les patrons des patrons - ,
Et je ne vais pas te mentir, j’ai du mal à me réadapter au monde du travail…

Aujourd’hui, comme tous les jours de la semaine dernière,
Je suis en mode Friday wear.
Et je me suis encore levée à 8h28 pour partir à 8h30 de chez moi,
J’ai dormi moins de 4h,
Bu plus de 10 tasses de café,
N'arrive plus à controler mon oeil gauche qui cligne frénétiquement,
Mon frigo est totalement vide.
Et je crois que je n’ai plus de citron pour mettre dans mon gin tonic.

Ma vie est moche, crois moi !
(Tient, pour la peine, t'as qu'à m'offrir des chaussures)

19.5.08 16:39


Le lundi & Moi

Le lundi, c’est le rêve.

Moi j’aime bien le lundi. Sisi si si.

Dès que le réveil sonne, c’est avec un plaisir non dissimulé que je saute de mon canapé.
Mon petit bonheur du dimanche soir, juste m’endormir comme une marmotte, blottie sous une couette sur mon canapé, toute recroquevillée pour que mes jambes ne dépassent pas.  Pour avoir le bonheur de roupiller au milieu des miettes de biscotte jetées un peu partout sur les cousins pendant un long week-end de glandouille. Ca gratouille, ça piquouille, c’est le micro peeling hebdomadaire du dos, grâce à ça j’ai toujours la peau très douce.

Le lundi matin, j’adore me jeter dans mon bain. Là, armée de mon éponge gratteuse, je retire de mon corps le masque à l’huile de vervaine qui me colle à la peau depuis le dimanche matin. C’est la mue du début de semaine, dessous j’ai la peau des coudes totalement soyeuse, le poil de cuisse revigoré et le cheveu qui sent la forêt. Rien de tel pour mettre de bonne humeur.

Le lundi matin, j’ai un dress’code de rêve.
C’est LE jour où je porte TOUTES mes nouveautés trouvées le samedi. Parfois, c’est top, comme aujourd’hui ou j’étrenne mes nouvelles chaussures grises souris, assorties à ma nouvelle jupe noir et grise et un petit haut gris assortis.
Mais parfois ça donne des bottes noires avec un micro short kaki et un pull rouge, des mitaines et un décolleté plongeant, une petite robe noire et des chaussettes rayées fushia ou encore une jupe en soie avec un gilet en maille brut.
Bref, le lundi c’est tenu moche.
De toute manière le lundi, je ne suis jamais en déplacement et personne ne peut deviner que je ressemble à bosso au téléphone. Et c’est tellement bon, les yeux qui sortent de la tête de mes collègues quand je crapahute dans les couloirs.

Le lundi, c’est le jour des cadeaux, m’attendent toujours sur mon bureau des colis de mes meilleurs amis : nos partenaires les vendeurs d’objets publicitaires qui avec une régularité appréciable m’inondent de stylos à notre effigie, d’agendas, de gadgets.
Je range le tout dans mon tiroir magique, celui qui ferme à clé et j’orne mon espace de travail d’un tas de conneries qui laisserais presque à penser que je supervise un service de com à gros budget. Le lundi c’est Noël et strass.

En parlant de strass et de paillette, le lundi midi, je cavale chez mon buraliste et je rafle toutes les nouvelles parutions. J’adore m’effondrer dans mon canapé, en croquant du petit pois et du steak de soja, dévorant les derniers ragots de nos amis le people, m’abreuvant avec délectation de mon précieux Elle. Je zieute, je compare, je planifie mes emplettes du samedi. Je pris le dieu des cartes bleues d’etre clément encore une semaine avec moi.

Ensuite, l’après midi, je fais une conférence inter-mail avec mes amis pour déblatérer à tout va sur nos week-end respectifs. Je fais des paris, je compatis, je me moque, et je finis toujours revigorée par de grands éclats de rire du à leurs pitoyables aventures sentimentales. Pas de jaloux, j’en prends aussi clairement pour mon grade, et c’est un comble quand on bosse pour la Défense.

Pendant la pause café avec Ponye et mon autre collègue, on ricane, on papote, on parlotte. On boit du petit lait en se racontant les anecdotes de nos déplacements respectifs de la semaine passée. D’où l’intérêt de se farcir des réunions gratinées, entourée de rochons et de butés qui s’enguirlandent sans respect.  

Pour finir, rentrée chez moi, je prépare mon menu pour la semaine, et je coule dans un bain bien mérité en réfléchissant à enrichir ma liste de Noël.

Au oui, moi, j’aime vraiment le lundi.
Si si si.

J’aime bien le mardi aussi. Et le mercredi aussi. Et…
Hann… (Soupir beat et heureux) Oh oui, j’aime.

20.11.06 11:18


Mon découvert et Moi.

Fut un temps où je suis devenue une femme.
Une vraie avec pleins de chaussures.

Pour mes 17 ans, Papa, Maman, & notre ami commun le banquier m’ont convoqués pour me donner un cadeau.
C’était une petite chose magique, carrée et docile. C’est un peu comme au loto, tu choisis une suite de chiffres, et lors que tu en as 4 dans l’ordre, cela te permet d’obtenir billets et chaussures à fouissons.

Pour augmenter mes chances de gain, pleins de bonne volonté, ils m’ont même donnés la suite gagnante de chiffres. Les malheureux ne savaient pas ce qu’ils faisaient, vu qu’ils m’ont aussi doté d’un gros découvert autorisé.

Tu vois ma carte bleue, dès le début, ça a été comme un distributeur de coca : une super machine à sous où tant que tu joues tu ramasse.
Ne lâche jamais un cheval gagnant, ma fille, disait ma Grand-mère. Et tant que ça marche, tu recommences, ne pers pas ta main chanceuse. Embrasse ta patte de lapin, broute du trèfle, mets toi du piment dans l’œil et joues encore.
Mon banquier n’est pas resté longtemps mon ami.

Le jour où il a divisé mon découvert autorisé par trois, j’ai monté un petit autel à la gloire du Dieu des Cartes Bleues & Gold dans ma chambre.

Le jour où il a décidé de me mettre des amendes quand je dépassais mon découvert,

J’ai commencé à faire des choix cornéliens.
-                     En sachant que tu es déjà dans le rouge, qu’on est le 15 du mois, et que tu as dans tes placards assez de soupe en sachets pour tenir 10 jours en ne mangeant que ça, vaut il mieux aller chercher à manger, ou chercher des nouvelles bottes ?

(Exercice 1 : sachant que la longueur totale des tringles à vêtements de Ginger équivaut à 12 fois son tour de taille, et que les soupes en sachet Royco coûtent moins de deux euros les 4, calcule le poids du chat Crottedenez et donne l’équivalence en lipide contenu dans un pot de nutella) (Sur 10 points)


J’ai aussi appris à compter.
-                     En sachant que l’amende pour ‘forçage de carte’ te reviens à presque 20 euros, vaut il mieux :
Acheter ce petit pull à 40 euros, délester ton compte de 60 sachant que l’amende représente une augmentation de 50% du tarif initial,
Ou acheter ce petit pull, plus la robe, plus le gilet, plus les chaussettes assorties et le porte clé qui va avec, pour la modique somme de 260€, en sachant que l’amende ne représente plus que moins de 8% de la facture totale ?

Tu vois, c’est un peu comme les soldes à l’envers, plus tu achètes cher, plus le banquier est perdant.
Si si je te jure.
Ca marche comme ça la vie, la vraie, celle entourée de chaussure.

De toute manière ‘Forçage de carte’, piouff, c’est moche on dirait presque un viol. Alors qu’il appellerait ça : Taxe shopping, Bonus journée de folies, Tribut lèche vitrine, Contribution carte qui chauffe, ou encore Dons pour l’église du paradis des vieilles sapes chéries,
Ben moi, c’est avec le sourire que je lui donnerais mes deniers souvent derniers d’ailleurs.

Donc tout ça pour te dire, que mon banquier et moi, on n’est pas prêt d’être ami.
Je dirais même qu’on est très fâché, limite à vie.

Sauf si, peut-être, un jour, je gagne au loto, le vrai, celui où tu ne connais pas les chiffres à l’avance et où il en faut 7 dans le bon ordre. Mais avant ça, il en aura coulé des paires de chaussures sous les ruines de notre ancienne entente…

Mon découvert et moi, c’est une longue longue histoire d’amour.

7.11.06 09:57


Que le savoir ancestrale soit avec toi...

Ma vie est un désastre, deux ans d’efforts pour paraître sublime viennent de tomber à l’eau.
Le mythe est écrasé du bout d’un talon aiguille : Il sait.
Il sait maintenant que je ne suis pas la femme glamourismement parfaite et parfaitement glamour.

De mes grands-mères, je tiens deux secrets inestimables pour une vie rose tagada.
Le premier concerne les hommes, le deuxième est un secret de beauté.



Ma grand-mère maternelle m’a toujours dit :
Pour garder un homme, rappelle-toi que le chemin du Cœur passe par l’estomac, les yeux et la chaleur. (J’avais une copine qui disait : Tu touches mieux le cœur quand tu caresse les c***ll*s, mais bon, c’est un blog sérieux ici, hein ! )
Alors j’ai développé des techniques désuètes au cours de ses dernières années. Et quand mon amoureux arrive, il trouve toujours un canapé accueillant pleins de cousins et de plaids douillets, une Ginger en déshabillé, la peau douce et talquée sentant le miel, juste maquillée d’un nuage de poudre et parfumer avec le parfum que je ne mets qu’avant des nuits torrides. La tagada sur la gâteau, c’est que la maison impeccablement rangée sent la cannelle et le gâteau aux chocolats, celui que je mets au four 20 mins avant son heure d’arrivé. 

La préparation de ce moment délicat me prend deux jours, entre « aspirateur, serpillière, courses, mais ou sont les cousins ? Pourquoi le tapis sent le vomi de chat ? Mets du faibrèze sur les rideaux… », et « peeling, masque à la verveine sur le corps, hydratation des fesses avec un masque à l’amande douce, de la poitrine avec de l’huile de rose, re peeling, brushing, éradication du poil, blanchiments des dents.. » etc… quand il arrive enfin, je suis épuisée, je n’ai plus qu’une envie : me coucher et dormir. Merci Mamie.



Ma grand-mère paternelle qu’en à elle, avait des secrets de beauté :
Bois au minimum un litre de thé vert par jour et un week-end sur deux, fait toi une ‘detox’.
Le premier conseil, je ne l’ai que trop bien assimilé, je suis potomane depuis quelques années, quant au deuxième, il tue mon image glamour 5 jours par mois.
Une ‘detox’ tu vas me dire mais qu’est ce que c’est ? Alors je vais te répondre, t’as qu’à lire mieux Glamour et Cosmo, ingnarde. Là tu vas rajouter apprends à écrire ‘ignare’ (et le reste) et reviens me voir, et je vais te répondre ‘blablabla, mais je fais de fautes si je veux’. Bref.
Donc une detox, ça consiste à acheter 5 kilos de poireaux frais le jeudi soir et à ne manger que ça sur trois jours. Tu combines le tout par des masques à l’argile sur le visage et à des litres et des litres de thé vert et voilà tu connais la recette de la jouvence éternelle, ma petite fille. Mais et si j’aime pas le poireau ? Tais toi et mange ! Merci Mémé.




Le véritable problème, c’est que les deux secrets ne sont pas du tout combinables entre eux. Mais pas du tout du tout.

Alors tu vois quand on a frappé à ma porte, vendredi soir vers 22h, alors que je venais d’attaquer le deuxième kilo de poireau, j’ai coupé le son de la télé et la lumière. J’ai fait la morte quelques minutes. Comme ça insistait lourdement, je me suis dirigée vers la porte, armée de mon parapluie, crotte de nez sur mes tallons et d’une voix qui se voulait ferme, masculine et pas du tout tremblante, j’ai demandé : c’est qui ?

C’était le Père Noël. Enfin c’est ce qui a dit, il venait me faire la surprise de venir pour le week-end.
Et je lui ai ouvert la porte.
Morte de honte.
Si, parce que Cocker m’a trouvé en vieille culotte, des bouts de poireaux coincés entre les dents, avec le visage recouvert de pâte verte, la maison remplie d’effluves alléchantes de légumes bouillis, le ventre bombé de femme enceinte où la verdure commençait à fermenter, le cheveux plat, affalée dans le canapé transformé en stand de tir : Couettes en vracs, cousins éparpillés, zapette en mode on intensif, magazines lancés un peu partout, sachets de thé traînants dans le cendrier, la moitié de ma garde robe en vrac dans le dressing, des chaussures lancées un peu partout…  

Et là, tu as beau ouvrir toutes les fenêtres pour aérer (mais l’odeur est tenacement incrustée dans le canapé ), sauter dans la douche pour éradiquer masque et poils (mais le poireau comme l’asperge et l’ail donne une odeur bizarre à ta peau, ne parlons pas de l’haleine), et croquer du charbon pour vaincre les gaz de poireaux (qui a dit que c’était efficace, hein ?),
Je peux t’assurer que tu manques sérieusement de glamour pour le reste de la soirée. C’est foutu. Il a vu le pire, l’inimaginable. Toi en vrai. Le fantasme c’est évanoui. Piétiné.

Et pour couronner le tout, impossible de lui faire un repas valable vu que tes placards ne regorgent que de steak de soja et de conserve d’haricots verts. Il se venge sur tes gâteaux de petits dèj. Ceux de régime hyperprotéinés pas terribles. Bah vi.




Le plus triste dans tout ça, c’est que j’ai compris que lorsqu’il vivrait enfin avec moi, je ne pourrais plus être la femme parfaite, celle qui prêtant être sublime sans rien faire.

Ma vie est d'une injustice démente. 

(et si il rentrait seul chez sa mère un week-end sur deux, hein ?)

17.1.07 13:30


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